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Buses de Harris - Parabuteo unicicentus

 

Longueur : 55 cm

Envergure : 120 cm

Convention de Washington : tableau B

Souvent considéré comme appartenant à la même espèce que l'aigle des steppes, mais cette opinion est controversé. Il en résulte que les connaissances relatives à sa biologie son encore faibles.

Identification :

Le plumage est brun foncé, les épaulettes et les cuisses sont roux foncé, le bout de la queue et le croupion sont blancs. Comme toutes les buses, elle a les ailes larges, et la queue en éventail, ce qui lui permet de planer aisément.

Particularité :

Un des rares oiseaux de proie pouvant être grégaire. Elle peut vivre et chasser en groupe familiaux. Oiseau farouche récemment utilisé pour la fauconnerie européenne.

Répartition :

On la retrouve dans le sud-ouest des Etats-Unis (Texas, Arizona, Nouveau-Mexique, Californie), en Amérique centrale ainsi  que côté ouest du continent sud-américain.

Habitat :

Véritable oiseau du désert, la buse de Harris vit dans les régions semi-désertiques, broussailleuses et les bois clairsemés.

Reproduction :

Elle construit son nid dans les cactus ou les yuccas avec des brindilles. Elle pond généralement de 2 à 4  œufs blancs tachetés de bruns et l'incubation dure 30 jours. Les jeunes quittent le nid à l'âge de 40 à 42 jours.

Nourriture :

Les buses sont des oiseaux qui chassent prés du sol, à partir d'un perchoir tel un arbre mort. La buse de Harris se nourrit de mammifères de petites tailles (petits rongeurs, lièvres, etc ....) ainsi que d'oiseaux (perdrix etc...) et de lézards.

La chasse en groupe :

Pourquoi certains rapaces sont-ils sociaux ?  Cette question fait appel à l'un des paradoxes les plus intéressants auxquels sont confrontés ceux qui étudient les rapaces. La plupart, surtout les prédateurs d'animaux à sang chaud, sont, par leur nature même, concurrentiel et agressifs. Cela se manifeste clairement dans la façon dont certains chassent les intrus de leur territoire. Aussi à l'image de rapace chasseur solitaire est-elle ancrée dans les esprits.

Contredisant ce préjugé, la buse de Harris est hautement sociale et elle est considérée comme une "espèce niche use coopérative", dans laquelle des groupes de plus de deux oiseaux participent à l'élevage des jeunes d'un nid donné. Les recherches sur les buse de Harris dans le désert du Nouveau-Mexique ont tenté d'apporter une réponse à cette question énigmatique : pourquoi ces rapaces sont-ils sociaux ? Au cours de l'enquête, plusieurs   hypothèses émises sur le sujet ont été réfutées. L'une des possibilités restantes était que ces buses doivent chasser en équipe. La question première à résoudre alors devenait : les buses qui chassent en groupe réussissent-elles sensiblement mieux que les isolées ?

Quinze buses, faisant partie de huit groupes sociaux de deux a six membres, furent capturés et équipées d'émetteurs miniaturisé. Ces buses furent suivies dans leur expéditions de chasse, et leur comportement fut observé. Elles ne chassaient presque jamais seules, rarement à deux mais le plus souvent, en équipes de quatre à six. A l'aube, les buses d'un groupe familial (un couple et ses jeunes jusqu'à 36 mois) s'assemblaient volontiers sur un arbre. Le groupe se divisait ensuite en petites unités de deux ou trois oiseaux, progressant à tour de rôle d'arbre en arbre, dans une direction donnée. Pendant cette prospection en commun, chaque groupe surveillait en permanence le comportement et la localisation des autres. Dès qu'une proie était repérée, la totalité du groupe convergeait aussitôt vers le secteur et mettait en œuvre une tactique de chasse apparemment coordonnée, afin de circonvenir ma proie, d'habitude un lièvre.

Trois tactiques étaient utilisées au cours d'une traque, selon un ordre variable :

  • Le "raid éclair", avec plusieurs buses fondant ensemble sur un lièvre à découvert.

  • Si un lièvre atteignait le couvert, il était délogé de son refuge par une buse ou plus, les autres attendent plus loin en embuscade : la technique du "déloger et s'embusquer".

  • A l'occasion, les parties de chasse comprenait des poursuites de longues haleine au cours desquelles une buse piquait sur la proie pour l'envoyer vers la trajectoire d'une autre buse, le rôle d'attaquante passant alors de l'une à l'autre. Cette tactique pourrait s'appeler "l'attaque relais".

Avec toutes ces techniques, le lièvre était désemparé ou exténué, si bien que l'une des buses pouvait le maîtriser sans courir de risque. Les possibilités de capturer de grosses proies doivent constituer l'élément déterminant qui justifie la chasse collective chez cette espèce, car les lièvres de Californie adultes pèsent souvent quatre fois plus que la buse de Harris mâle, et deux fois plus que la femelle. Après la capture, tous les membres du groupe défendaient la nourriture et se la partageaient.

Une découverte importante fut que le nombre de captures de lièvres augmentait par unité de temps à mesure que la taille du groupe augmentait de deux à six buses. Ces groupes importantes étaient surtout notés en dehors de la saison de reproduction, ce qui laisse supposer que les buses "ajustaient" leur équipe au nombre permettant d'atteindre le meilleur résultat pour chaque participant. Ces découvertes soutiennent l'hypothèse selon laquelle les succès de la chasse collective, chez la buse de Harris, est un facteur déterminant du développement et du maintien de la sociabilité de l'espèce.

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