
Longueur
: 53 à 63 cm
Envergure
: 109 à 134 cm
Convention
de Washington : tableau A
Particularité
:
C'est le plus grand des faucons (il a une
envergure d'une buse variable). Ses ailes sont larges, avec un bout assez
obtus pour un faucon, la queue est un peu plus longue que celle du Faucon
pèlerin. Il a un corps puissant comme ce dernier mais son corps est plus
allongé et la base de la queue est large.
Répartition
:
Ce faucon vit dans les régions le plus septentrionales
de l'hémisphère nord et sa répartition est circumpolaire.
Estimation
des effectifs :
Il est difficile d'effectuer un dénombrement
des populations du gerfaut, car il s'agit d'une espèce très discrète.
Des études précises effectuées ces dernières années, il ressort qu'elle
n'est pas aussi rare qu'on le croyait auparavant. Vers 1975, on pensait
qu'il y avait 10 ou 12 couples en Norvège, aujourd'hui on estime qu'il
y en a 300 à 500 ; de même en Suède et en Islande, les données antérieures
ont été doublées. La population du Paléartique occidental devrait donc
être comprise entre 800 et 1100 couples .
Evolution
de effectifs :
Le gerfaut semble être en déclin depuis plus
longtemps que les autres rapaces, sans doute en raison du pillage de ses
nids .Il y a en effet des siècles que l'oiseau est recherché très activement
par les fauconniers. Mais la raison principale paraît être la forte régression
des effectifs de lagopèdes. Actuellement la limite méridionale de répartition
de cette espèce semble avoir reculé vers le nord, sans doute à la suite
de réchauffement général du climat au début du 20 eme
siècle, mais aussi en raison des persécutions.
Habitat
:
Fréquente les toundras et les falaises de
l'Artique. Les milieux habités sont de trois types : toundras traversées
par des fleuves bordés de falaises ; côtes rocheuses où se trouvent de
grandes colonies d'oiseaux de mer ; montagnes avec falaises au-dessus
de la limite supérieures des arbres. Les oiseaux migrateurs et vagabonds
se montrent sur les côtes, dans les landes, les steppes ou les "steppes
cultivées".
Voix
:
Semble ne crier que près de l'aire. Lance
des "kiak kiak kiak kiak" puissants, des "gik gik"et
des " giiiiii" d'excitation plus rare.
Reproduction
:
Niche vraisemblablement à l'âge de 2 ans
minimum. En janvier ou au début de février, le mâle commence à défendre
son territoire. Si la femelle n'y a pas passé l'hiver, elle arrive en
la mi-février et le début de mars. La saison de
reproduction est inaugurée par des parades aériennes : l'oiseau monte
à grande hauteur en décrivant des spirales et pique vers l'aire en criant.
Le "nid" est souvent situé dans une falaise inaccessible, à
l'abri d'un surplomb ; dans la toundra boisée, il se trouve sur un arbre
et, souvent, le Gerfault occupe une vieille aire de buse pattue. Les 3
à 5 ( 2-7) ufs sont pondus entre le début d'avril et le milieu de mai
(surtout dans la seconde quinzaine d'avril), et sont couvés principalement
par la femelle pendant 35 jours. Les jeunes quittent le nid à 49 - 56
jours et accompagnent leurs parents pendant 30 jours au moins après leur
envol. Le nombre de couples nicheurs dépend de l'abondance de la nourriture
disponible et varie donc en fonction de la densité des lagopède. En Alaska,
on a constaté dans une zone étudiée qu'il variait entre 3 et 12 par an.
Le nombre moyen de jeunes est de 2.5 par nichée réussie
Nourriture
:
A l'intérieur des terres, les lagopèdes sont
les proies principales et représentent jusqu'à 92% de l'alimentation,
mais il y a de nombreuses exceptions locales. Cependant, même sur les
côtes où les laridés, anatidés et alcidés forment l'essentiel de la nourriture,
les lagopèdes jouent encore un rôle non négligeable. Enfin, les années
où lemmings et campagnols pullulent, ces rongeurs peuvent former une part
importante de l'alimentation. Toutes les études ont montré la place des
lagopèdes dans l'alimentation du gerfaut ; sur 702 proies tuées par plusieurs
couples dans la péninsule de Kola (Russie), il y avait 408 oiseaux, 262
mammifères, 4 poissons, 2 grenouilles et 26 insectes. Les oiseaux représentaient
91.3% du poids total des proies, parmi eux, les lagopèdes formaient 67.7
% de cette biomasse, les laridés 9.5 % et les anatidés 4.7 %. Les 262
mammifères correspondaient à 8.7 % du poids total des proies. En Finlande,
dans la taïga lapone, le courlis corlieu représente la deuxième proie
par ordre d'importance. Les gerfauts se nourrissent aussi souvent en toutes
saisons.
Chasse
:
Le gerfaut décrit des cercles à 150-300 m
de haut ou chasse à faible altitude (7 - 20 m). Il capture des oiseaux
à l'issue d'une poursuite qui peut être brève ou se prolonger sur plusieurs
kilomètres. Il vole très rapidement et est inégalable quand il s'élève
brusquement au cours d'une poursuite. Il pratique aussi le vol en rase-motte
de façon à surprendre ses proies. Enfin, il chasse volontiers à
l'affût. En hiver, on le voit souvent voler sur place au dessus des buissons
de saules, pour en déloger des lagopèdes. Il arrive que deux gerfaut chassent
de concert. Les battements d'ailes assez lents lui donnent une allure
lourde, mais cette impression est trompeuse et, en vol direct, il est
capable de rejoindre le Faucon pèlerin.

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